Leçons tirées des arbres

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Les arbres sont une espèce grandiose. Couvrant 30 % de la surface de la Terre, ils incarnent les piliers de la force et de la souplesse. Ils poussent de façon exponentielle depuis des centaines d’années, voire des milliers, gagnant en hauteur et en densité. Mais que pouvons-nous apprendre de ces plantes majestueuses? J’ai récemment entrepris de méditer, de prier et de pratiquer parmi les arbres. Voici les leçons que j’en ai tirées.

Inspirer, transformer et expirer

L’un des talents les plus spectaculaires des arbres est leur capacité à inspirer ce qui constitue un poison pour la plupart des êtres vivants et d’expirer l’une de nos ressources naturelles les plus précieuses. Ce processus est une leçon de patience. Il témoigne également de la puissance transformatrice derrière cette activité qui consiste à demeurer assis et vulnérable. Les périodes de conflit en représentent l’exemple parfait. Que ce soit dans le cadre de votre travail ou de la part d’un conjoint ou d’un ami, les commentaires négatifs peuvent être extrêmement difficiles à gérer. En prenant le temps de nous asseoir pour réfléchir à cette rétroaction et d’expirer en toute vulnérabilité, nous arrivons bien souvent à faire surgir d’incroyables enseignements qui nous font grandir.

Suivre le vent du changement

Bien que le changement, petit ou grand, puisse occasionner un certain malaise, il est souvent le catalyseur d’occasions plus stimulantes. Que pouvons-nous apprendre des arbres? Ils ne restent pas immobiles lorsque le vent change de direction. Ils sont souples, mais gardent leurs racines bien ancrées au sol. Cette adaptabilité se traduit par une réceptivité au changement et une volonté d’essayer de nouvelles choses sans toutefois renoncer à nos valeurs fondamentales.

Protéger et mettre à l’abri ceux dans le besoin

La charité et la bienfaisance envers la communauté représentent l’un des aspects les plus fondamentaux de la pratique du yoga (et d’une vie équilibrée). Les arbres le font pour leur part naturellement, sans hésitation et sans rien attendre en retour. La croissance continue, la stimulation de la nature sauvage et de la flore autour d’eux ainsi que leur propre longévité leur suffisent comme récompense. Nous pourrions en faire autant.

Manger et boire seulement ce dont nous avons besoin : éviter le gaspillage

Les arbres ne se gavent pas de terre et ne se gorgent pas d’eau. Ils ne consomment pas tout le carbone disponible et ne constituent pas de réserves d’eau tirées du sol en cas de « sécheresse ». Ils vivent et grandissent harmonieusement, ne consommant que ce dont ils ont besoin pour survivre. Si nous suivions la même voie, en consommant avec amour et gratitude, sans cupidité, nous nous apercevrions bien vite qu’il y a suffisamment de richesses pour tous.

La beauté du lâcher-prise

Enfin, les arbres savent quand il faut lâcher prise. En tant qu’êtres humains, nous avons la fâcheuse habitude de nous rattacher à des choses qui ne nous servent plus : la négativité, la colère et la tristesse; se soucier de ce qui pourrait ou devrait arriver et ainsi de suite. La beauté des arbres réside dans cette permission qu’ils accordent à leur écorce, à leurs aiguilles et à leurs feuilles de changer de couleur et de tomber chaque année. Nous n’en sommes pas toujours conscients, mais nous avons aussi besoin de nous « transformer », de nous laisser aller et d’évoluer souvent, sans doute même plus fréquemment que les arbres.

Sur ce, je retourne dans les bois, ma tasse de thé d’une main et la laisse de mon chien dans l’autre, pour reprendre mon hymne aux arbres là où je l’ai laissé. Je suis impatiente d’entendre murmurer à mon oreille tous les secrets et toute la sagesse qu’il leur reste encore à me transmettre.

Namasté.

– Gabrielle Coulter

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